A travers son champ, son jardin ou son lopin de terre, l'homme édit sa loi, il cherche à réaliser son rêve inassouvi; celui de maîtriser la nature, aménager des enclos, enfoncer des pieux, planter des bornes, élever des barrières comme des barricades durant les révolutions.
Dans
quel bu
t, s'approprier arbitrairement une parcelle de terre du
jardin d'Eden qu'il rendra fertile à force de travail acharné
et de
protéger ses cultures qu'il mettra à l'abri des
prédateurs à deux ou à quatre pattes... c'était
sans compter sur les oiseaux.
Pêcheur, cueilleur, chasseur, toujours à la conquête de nouveaux horizons l'Homme n'est-il pas l'un des plus grands prédateurs ou déprédateurs? A la cueillette sauvage il s'est vite rendu compte qu'il était plus facile de concentrer sa source alimentaire plutôt que de courir par monts et par vaux, à la recherche d'une hypothétique corne d'abondance. Dès lors, l'idée de la propriété se fait jour. Il lui faudra une bonne dose d'habileté pour protéger ses récoltes et tous les moyens seront bons.
Mesure pour mesure. Acte 2, scène 1.
ANGELO:
Il ne faut pas que nous fassions de la loi un épouvantail pour effrayer les oiseaux de proie jusqu'à ce que voyant son immobilité, familiarisés par l'hatitude, ils osent venir se percher sur l'objet même de leur terreur.
William Shakespeare(1564-1616).

L'épouvantail prend tout son sens dans le fait qu'il ne sert quasiment à rien, tout au moins dans le rôle premier qu'il lui est accordé. Pratiquement toutes les études menées sur ce sujet le démontrent, les oiseaux en sont bien peu effarouchés.
Le Roi Henri VI. Acte 1, Scène 4.
TALBOT:
Accablé de brocards, d'insultes et d'épithètes ignominieuses. Ils m'ont exposé sur la place publique d'un marché, pour servir de spectacle à tout le peuple:<< Voila, disait-ils, la terreur des Français, l'épouvantail qui effraye nos enfants>>. Alors, je me suis dégagé des officiers qui me conduisaient, et avec mes ongles j'arrachais les pierres du pavé, pour les lancer aux spectateurs de mon opprobe. Mon air menaçant a fait fuir les autres. Personne n'osait approcher, craignant une mort soudaine. Ils ne me croyaient pas assez en sûreté dans des murs de fer.
William Shakespeare (1564-1616).
Epouvantail:
Epouvantail, nom masculin (1180-1191 espoëntaus)
Epouvante
1080, (espaenter), puis espoventer ; du latin expaventar, expavare,
de pavere, avoir peur.
Epouvantement XIIème siècle, épouvantail
XIIIème siècle.
Mannequin rudimentaire, fait souvent de bois et de paille, recouvert
de haillons, placé dans les champs ou jardins pour effrayer
les oiseaux.
Une personne très laide, ou mal habillée, qui inspire
de vaines terreurs, des peurs excessives, des choses moins redoutables
qu'elles ne le paraissent, qui effraie sans raison.
Epouvantail de chènevière: allusion aux oiseaux
qui raffolent des graines de chènevis (chanvre) qui poussent
dans les chènevières.
Epouvantail, un des noms vulgaires de la sterne noire, sorte d'hirondelle
de mer.
Au pluriel : des épouvantails.
Espoëntemance: 1160.
Espoëntes: 1160.
Espoënter: vers 1080.
Expaventare de expavere faire peur, effrayer. (De vos menaces ne sui espoentez)
Espoentement: début XIIèm siècle.

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