Identité.

 

Lorsque je dis épouvantail, je pense bien sûr à ce brave bonhomme que nous apercevions jadis quand nous nous promenions dans nos belles campagnes de France, au hasard d'un détour, au croisé des chemins, errant, droit comme un I dans ses vertes prairies.

Habitant du hameau ou du bourg voisin, appartenant à la paroisse et dont personne ne connaissait l'identité, l'épouvantail est le croque-mitaine des nuits d'été sans étoile. Anonyme dans sa fonction de garde-champêtre des oiseaux, il remonte l'horloge saisonnière du monde paysan.

Etre falot, il reste digne, sans révolte. Sans mot dire, il accepte les bras tendus comme pour une supplication sa destinée imposée par le sacrificateur qu'il offrira aux flammes rédemptrices de l'âtre.

Gueux comme un rat d'église, si pauvre qu'il n'a pas d'ongle pour se gratter les peaux mortes. Laboureur sans charrue, moissonneur sans faux, sa posture de sémaphore semble indiquer en vain la route aux navires en perdition.

On le croyait disparu dans les méandres de la mémoire collective et voilà qu'il nous revient, sous des formes très différentes.

Naguère ce qui déterminait l'épouvantail c'est qu'il était toujours personnifié sous une identité masculine malgré le fait qu'on y voyait jamais son "petit oiseau" contrairement au bonhomme de neige à qui l'on affuble une carotte en guise de nez, "phallus", un balai et une pipe occasionnellement.

Les hommes dont la nature ne contient rien de féminin ne sont pas tout a fait humains.

Helge Krog (1889-1962).

 

Avec l'aimable autorisation de Dona.

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Loin d'instaurer des critères minimums de jugeote pour l'accès à la fonction de certains de nos dirigeants, il en est de même pour nos épouvantails. Aucune exigibilité n'est imposée sur le plan vestimentaire. Et pourtant !
Il est une chose indispensable dans sa condition de défroqué sans génie pour ce spectre de la stupidité universelle, il porte un galurin, symbole d'autorité et d'une indéniable supériorité d'une tête pensante.

(Quand le politiquement est correct l'amour devient vache)!

Assurément anthropomorphe dans l'âme il incarne la haine viscérale pour les prédateurs qu'ont les paysans.

Ignorant les billevesées et autres balivernes des freluquets en herbe, dévoué à sa tâche, exposé aux caprices des saisons, dans son martyre il veille au grain. Mais à quel prix ?

L'épouvantail est magique dans l'idée qu'on se fait de lui !

Soudain, je me sens pris d'une étrange amitié pour les épouvantails de grands champs comme pour les poules les voleurs de grands chemins. A t-on déjà vu le glaive de la justice frapper un chapardeur d'épouvantails ?

Pour des nains de jardin oui, mais pour un fantôme !

Les choses changent, signe des temps. Prétexte pour des manifestations festives dans nos villages endormis, on aperçoit de nos jours des "épouvantailles dames, épouvantaille "avec deux ailes comme les volatiles que beaucoup d'entre elles ont déjà perdus et qui ne manquent ni de charme ni d'élégance, enfin, les épouvantails mâles pourrons jouer les joli-cœurs, se trouver une compagne et ... la vie reprend toujours ses droits!

(Dans une apostrophe injurieuse).

Tiens ton cheval, crie la laveuse, tiens le, fils à ta mère. Tiens ton savon, épouvantail de figuier.

Texte tiré d'un dictionnaire du début du siècle.

 

Inde.

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Allemagne.

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